J’ai reçu une convocation pour récupérer les résultats de l’analyse génétique que j’avais presque oubliée, faite il y a un peu plus d’un an, à la fin de mes soins …

Je vais au RDV en pensant qu’il ne s’agit que d’une formalité, il y avait fort peu de risques, pas de facteurs franchement pré-disposants et seulement 2 personnes sur 1000 concernées au final. 
Et là, Bingo ! Mutation génétique du gène BRCA2 confirmée. ( c'est le gène qui est sensé réparer les cellules qui déraille et du coup renforce aussi les cellules anormales qui auraient dû disparaître ! )

Je suis d’abord restée scotchée, j'aurais préféré rester dans la "norme", 2 pour 1000 fallait le faire ...

Quelque part bêtement « rassurée », avec une réponse « scientifique » à ma question restée en suspens « pourquoi moi ? », ce foutu cancer n’était donc pas juste dû au hasard, mais il n’était non plus de mon fait, rien dans mon mode de vie ne l’avait provoqué; déculpabilisée en quelque sorte. 

Sentiment de courte durée.
Le temps que je remette les infos dans l’ordre, l’horreur de la situation m’est apparue : ce gène muté mes frères et ma sœur (plus jeunes que moi) l’on peut être aussi reçu en héritage puis transmis à leurs enfants, et de mon côté je l’ai peut-être transmis à mon fils et à ma fille qui eux-mêmes … 

J’ai voulu savoir, je sais maintenant, mais eux ? 
Qu’est-ce qui est plus angoissant, savoir ou douter ?
Ça tourne en boucle.

Pour ma part, alors que je commençais à peine à souffler, on repart sur une surveillance encore plus serrée avec les risques démultipliés de récidive, de dissémination mais aussi de nouveaux foyers tant qu'à faire, et probablement une chirurgie préventive (ovaires) et ça me gave. L’expression "survie à 5ans" qui revient dans les stats commence à faire sens.
J’ai voulu savoir … j’assume. 
Enfin, j’assimile pour le moment, j’assumerai plus tard.

Mais eux ? Ils n’ont rien demandé. 
Si je leur en parle ils seront certes libres de faire le test ou pas (pour les adultes), pour les risques de transmission du gène fautif c’est 50/50, il y a donc toujours l’espoir de ne pas l’avoir récupéré, mais si c'est positif, comment rester serein après ça ? surtout à 25 ans ? 
D’un autre côté je ne me vois pas taire cette info ? c'est de l'ordre de la prévention, c'est une chance, malgré tout ce que cela suppose.

Dire que cette recherche génétique m’était apparue comme une évidence sur le moment, je m’en veux presque maintenant …