Nous y voilà ... d'une pierre deux coups, enfin une anesthésie pour deux interventions.

 

A la confirmation du gène BRCA2, l'oncogénéticienne m'avait briefé sur les différents risques et les différentes possibilités de les limiter.

Sur le moment ma première réaction avait été de tout refuser en bloc, pas de chirurgie préventive.

C'est vrai quoi, j'en étais à programmer une petite intervention pour remodeler le sein manquant un peu de matière et voilà qu'elle me propose d'enlever les deux ! Bon, avec le BRCA1 la question ce serait posée en terme de pourcentage, avec le BRCA2 cela reste un risque relativement faible. Je l'accepte.

Dans la foulée, elle m'avait fortement conseillé d'envisager l'ablation des ovaires, annexectomie bilatérale. C'est vrai qu'ils ne servent plus à grand chose maintenant, et les enlever limiterait une récidive, ainsi qu'un deuxième cancer sur l'autre sein en plus d'écarter tout risque de cancer des ovaires. Cancer sournois et meurtrier, surnommé le "tueur silencieux" Brrr... mais je ne me voyais pas repasser encore une fois sur le billard.

Le temps a fait son oeuvre. J'ai revu mon gynécologue, on en a reparlé à tête reposée. J'ai réalisé que l'intervention se ferait sous coelioscopie, sans balafre en travers du ventre, et surtout j'ai vu avec la chirurgienne qui devait réaliser le lipomodelage de reconstruction pour ne faire qu'un seul passage en salle d'opération. C'est finalement ce qui a fait pencher la balance ...

 

Petit séjour en métropole aux dernières vacances de février. Pas trop le temps de faire du tourisme, des rendez-vous préopératoires, des consignes post-opératoires et c'est parti. Une anesthésie générale, trois heures d'intervention en ambulatoire et retour à la maison le soir même.

Le lipomodelage des seins - ou lipofilling - permet une restauration des volumes grâce au transfert de son propre tissu graisseux, une sorte de greffe. Sans trop entrer dans les détails, il était donc prévu de prélever de la graisse au niveau de la culotte de cheval pour combler le manque et rééquilibrer le sein opéré.

Au réveil le seul endroit endolori était en fait le haut des cuisses ! et pour cause, quelques points de suture et deux énoooormes hématomes ! bon en enlevant les bandages du sein on ne pouvait pas vraiment parler de bleu, mais bien de toutes les couleurs de l'arc-en-ciel et le tout était quand même un peu mâché ... il me faut juste prendre mon mal en patience. Et pour juger du résultat encore plus.

Pour l'ablation des ovaires, même pas mal !

Intervention rendue très simple par la technique de coelioscopie, un vrai progrès. Trois petits trous discrets, d'ailleurs la chirurgienne a été sympa, elle les a cachés dans mon tatouage polynésien ! des suites opératoires sans complications avec des soins réduits au strict minimum. L'inconvénient majeur de cette technique opératoire c'est le ventre gonflé comme un ballon pendant quelques jours, j'ai échappé aux douleurs souvent décrites, et cela vaut sûrement mieux qu'une grande ouverture à cicatriser ...

L'autre truc pénible ce sont les piqûres quotidiennes - pour éviter la flébite - qui me transforme en Schtroumpfette ...

Je dois repousser mon retour, je ne suis pas encore autorisée à reprendre l'avion, je vais donc profiter un peu de la famille sur place.